Un siècle d'affiches agricoles 1860-1960
Le paysan la ferme et le tracteur... :
Le rural et ses images, un siècle d'affiches agricoles 1860-1960
191 pages, Reliure inconnue, Somogy éditions d'art
L'ouvrage « Le paysan, la ferme et le tracteur? Le rural et ses images, un siècle d'affiches agricoles 1860 ? 1960 » édité aux Editions d'Art Somogy et publié à l'occasion de la nouvelle exposition « Affiches de campagne, le rural et ses images 1860-1960 ». 268 superbes reproductions d'affiches avec des commentaires de spécialistes de l'histoire rurale.
Le rural et ses images, un siècle d'affiches agricoles 1860-1960
191 pages, Reliure inconnue, Somogy éditions d'art
L'ouvrage « Le paysan, la ferme et le tracteur? Le rural et ses images, un siècle d'affiches agricoles 1860 ? 1960 » édité aux Editions d'Art Somogy et publié à l'occasion de la nouvelle exposition « Affiches de campagne, le rural et ses images 1860-1960 ». 268 superbes reproductions d'affiches avec des commentaires de spécialistes de l'histoire rurale.
Somogy éditions d'art
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Notre avis
Le paysan la ferme et le tracteur !
C'est la manière de ce curieux obstiné, inlassable creuseur d'un sillon : une image, une lecture, un visage, une beauté en tout cas ont été à l'origine de petites équipées ou de grandes aventures mais toujours " à fond ", pied au plancher, apprenant, observant, cherchant et voulant tout savoir et parvenant à presque tout avoir.
Fils de bourgeois parisiens regrettant leurs provinces, il doit la découverte du monde rural à l'acquisition, par ses parents, d'une propriété agricole et noble en Corrèze, qui revenait alors dans la famille quatre siècles plus tard ; et où son fils Nicolas - sa plus ancienne passion - sera bientôt en première ligne. Le goût pour l'agriculture et l'élevage vient alors à ce journaliste dilettante et sceptique qui est chroniqueur au journal Le Monde depuis 1968 ; il en apprend la science et les règles et l'éleveur qu'il est devenu en adopte volontiers les coutumes simples et l'austérité sans imaginer de mauvais contrastes avec le goût fort et la multiplication de très grosses cylindrées qui éberluaient les usagers plus lents des routes de campagne, et permettaient de rejoindre ou de quitter la capitale à coup de grandes émotions, quand la règle de conduite était moins rigoureuse.
Beaucoup de qualités pour écrire, belle plume et belle écriture, sa correspondance est recherchée ; mais il n'écrit pas, puisqu'il est en action constante, filant vers l'objet de ses passions, belles créatures et beautés de la création. Il vit donc la littérature dans l'amitié qui le lie à de grands écrivains - vénération pour Julien Gracq dont il fut l'élève - et pratique une sorte de natation-exploration au milieu d'un océan de livres dont le nombre croît à chaque marée, plus compulsés que lus, mais qui sait au juste de quoi sont faites aussi ses nuits ? Avec, en tête, l'idée des forêts profondes dont il rêve plus qu'il ne les arpente, celle de l'Ecosse qu'il connaît mieux qu'elle ne le connaît, Brugnon s'inquiète à sa façon de ce qui est négligé par ses contemporains : les peuples opprimés et ceux qui peuvent disparaître, l'Afrique (ses misères et ses splendeurs) qui aura été une des récentes grandes affaires de sa vie, au point d'avoir un pied-à-sable au Niger, et voilà des collections qui s'accumulent sur les mœurs, les filles et les femmes de la brousse ou de la forêt, les Touaregs de l'A'ir, etc.
Non ! pas de collection " d'arts premiers ", tellement prisés qu'il ne pourrait qu'y jouer les seconds râles en semblant partager l'engouement un peu suspect de nos riches néo-explorateurs. Les affiches agricoles présentées ici sont une sélection modeste de l'immense collection réunie au cours des vingt dernières années avec un enthousiasme renforcé par l'idée que le collectionneur serait sans doute le seul au monde à réaliser cette espèce de chef-d'œuvre.
En rassemblant pour les exposer les images, déjà bien oubliées qui témoignent pourtant du labeur dur mais soigneux, traditionnel mais soucieux de progrès, de tant nos pères serviteurs de la terre féconde, Philippe brugnon, qui arrive volontiers " quand on éteint ", les remet pour nous dans une belle lumière.
Gérard Drubigny
Fils de bourgeois parisiens regrettant leurs provinces, il doit la découverte du monde rural à l'acquisition, par ses parents, d'une propriété agricole et noble en Corrèze, qui revenait alors dans la famille quatre siècles plus tard ; et où son fils Nicolas - sa plus ancienne passion - sera bientôt en première ligne. Le goût pour l'agriculture et l'élevage vient alors à ce journaliste dilettante et sceptique qui est chroniqueur au journal Le Monde depuis 1968 ; il en apprend la science et les règles et l'éleveur qu'il est devenu en adopte volontiers les coutumes simples et l'austérité sans imaginer de mauvais contrastes avec le goût fort et la multiplication de très grosses cylindrées qui éberluaient les usagers plus lents des routes de campagne, et permettaient de rejoindre ou de quitter la capitale à coup de grandes émotions, quand la règle de conduite était moins rigoureuse.
Beaucoup de qualités pour écrire, belle plume et belle écriture, sa correspondance est recherchée ; mais il n'écrit pas, puisqu'il est en action constante, filant vers l'objet de ses passions, belles créatures et beautés de la création. Il vit donc la littérature dans l'amitié qui le lie à de grands écrivains - vénération pour Julien Gracq dont il fut l'élève - et pratique une sorte de natation-exploration au milieu d'un océan de livres dont le nombre croît à chaque marée, plus compulsés que lus, mais qui sait au juste de quoi sont faites aussi ses nuits ? Avec, en tête, l'idée des forêts profondes dont il rêve plus qu'il ne les arpente, celle de l'Ecosse qu'il connaît mieux qu'elle ne le connaît, Brugnon s'inquiète à sa façon de ce qui est négligé par ses contemporains : les peuples opprimés et ceux qui peuvent disparaître, l'Afrique (ses misères et ses splendeurs) qui aura été une des récentes grandes affaires de sa vie, au point d'avoir un pied-à-sable au Niger, et voilà des collections qui s'accumulent sur les mœurs, les filles et les femmes de la brousse ou de la forêt, les Touaregs de l'A'ir, etc.
Non ! pas de collection " d'arts premiers ", tellement prisés qu'il ne pourrait qu'y jouer les seconds râles en semblant partager l'engouement un peu suspect de nos riches néo-explorateurs. Les affiches agricoles présentées ici sont une sélection modeste de l'immense collection réunie au cours des vingt dernières années avec un enthousiasme renforcé par l'idée que le collectionneur serait sans doute le seul au monde à réaliser cette espèce de chef-d'œuvre.
En rassemblant pour les exposer les images, déjà bien oubliées qui témoignent pourtant du labeur dur mais soigneux, traditionnel mais soucieux de progrès, de tant nos pères serviteurs de la terre féconde, Philippe brugnon, qui arrive volontiers " quand on éteint ", les remet pour nous dans une belle lumière.
Gérard Drubigny